Antarctica

Bon.
Je reviens sur ce que j’ai dit dans mon article précédent.
Je vais donc mettre entre parenthèse le but premier de ce blog car ma situation actuelle étant assez angoissante, pour une personne d’un naturel anxieux, je préfère m’épancher ici au lieu de chialer à tous bouts de champs ou recommencer ma dépression.

La semaine dernière je suis retournée sur Paris pour finaliser une demande de préavis de congé de mon appartement que je louais officiellement, sous-louais officieusement.
Tout ça c’est enclenché après ma dispute le mois dernier et me sentant de trop, il était temps pour moi de bouger. J’avais espéré attendre le 31 octobre, cela aurait fait 2 ans pile, m’enfin bon…

Vendredi donc, après une visite de la gardienne concernant les points de petits travaux de remise en état, je m’étais sentie soulagée. J’allais pouvoir démarrer ma nouvelle vie dans la maison prêtée par mon amie et son mari.

Deux jours après cette visite-conseil donc, mon amie, toujours muette à mon égard, m’envoie un texto pour me demander d’annuler mon congé d’appartement.

Euh… Comment dire…

En fait, elle s’était engueulée avec son mari, et pensant qu’ils pourraient bien se séparer, il voudrait sûrement revendre sa maison et donc me mettre à la rue avec. Donc, garder mon appart serait un filet de sauvetage.
Ce n’est pas la première fois qu’elle me dit qu’ils pourraient se séparer, m’enfin ça n’est jamais arrivé, mais là au moins elle pourrait se débarrasser de moi définitivement, vu à quel point elle n’en n’a plus rien à fiche de moi, depuis plus d’un mois maintenant.
Sauf qu’à peine 24h après, elle me dit qu’en fait ça va mieux. Point barre, pas d’autre explication.
C’est vrai que je suis un peu (voire beaucoup) drama Queen, j’ai tendance à faire le Calimero et à m’apitoyer.
N’empêche que là, mon AMIE, m’a foutu dans la merde royale : samedi matin j’ai envoyé une lettre en recommander A.R pour annuler ma demande précédente, et je me retrouve avec 2 options : soit le bailleur refuse que je garde l’appart et je risque de me retrouver à la rue si mes amis décident de ne plus m’héberger (avec ou sans rétribution), soit le bailleur accepte de revenir sur ma décision, je garde l’appart. Dans ce deuxième cas par contre, j’ai à nouveau 2 soucis : si je vis dans la seconde maison dans le nord, je paye l’appart à Paris à vide et me retrouve dans la merde financière, soit je sous-loue au risque de me retrouver dans la merde financière ET procéduriere si quelqu’un me dénonce ! Je n’aurais la réponse que demain par téléphone si j’appelle le bailleur, ou par voie postale dans quelques jours.

Et mon AMIE n’a pas l’air de piger la situation, mais comment le saurait-elle vu qu’elle ne me parle toujours pas ! Je pourrais forcer la discussion, mais en 14 ans d’amitié, forcer la discussion avec elle n’a jamais payé ! C’est toujours pire comme ça !
Comme je crois que la situation n’ira pas en s’améliorant et que l’impression constante qu’elle ne me parlera plus jamais sauf peut-être en voisine (et encore, elle ne parle pas aux voisins), le mieux que je puisse faire c’est emménager dans la maison d’amis, et attendre quelques temps encore. Par contre je n’attendrai pas DES mois.
Je demanderai une discussion claire car contrairement aux précédentes fois où j’étais devenue chiante sur plusieurs jours ou mois, là, il a fallu D’UNE seule confrontation avec sa mère pour qu’elle ne me parle plus.

La seule chose de bien qu’on m’ait dite récemment, c’est que c’était normal que je n’accepte pas tel ou tel comportement d’habitude de vie de mes hôtes. Et inversement.
Je m’explique : j’ai vécu 12 ans seule, et avant cela je vivais n’importe comment chez mes parents, chez qui il n’y avait aucune structure, aucun mode de fonctionnement normal et personne chez nous n’était en harmonie.
Depuis presque deux ans maintenant, je vis chez mes amis. Ils ont leurs habitudes, ce qui est normal; donc nous n’avons pas les mêmes. Ce qui me dérangeait chez moi quand quelqu’un cassait mes habitudes de vie, forcément va me déranger chez ceux chez qui je loge ! CQFD
Et ça, ça a enfin fait tilt dans ma tête.
Ce n’est pas une fin en soi, et ce n’est pas parce que c’est comme cela qu’il faut que je saoule mes hôtes à force de flicage et de chiantitude parce que nous ne vivons pas de manière similaire ! Je suis invitée on va dire, je dois faire des concessions; maintenant si ces concessions prennent trop le pas sur MON habitude de vie, alors là il faut retrouver mon indépendance. Dans mon cas, c’est la seule solution ou bien voir un hypnotiseur pour tout chambouler, ou réapprendre à vivre avec des gens, ce que je n’ai jamais appris à faire, tant chez mes parents c’était chaotique.

J’espère bien me faire comprendre, sinon de toutes façons ce blog est pour moi après tout.

Je ne sais pas si cela me servira de thérapie, tant j’en ai besoin. J’avais rendez-vous avec un psychiatre le 26, je n’y suis pas allée car j’étais à Paris. Et puis ce n’est pas la porte à côté. Il faudrait que j’en trouve un autre moins loin, mais déjà, si je met de la distance physique avec elle, mon amie de ❤, ça me fera du bien. Et à elle aussi.

Je pensais que nous étions un genre de famille recomposée, nous pouvons toujours l’être, si elle m’en laisse la chance, mais j’avais oublié : famille de sang ou famille de coeur, nous ne sommes pas obligés de se marcher les uns sur les autres…

Absence…

Cela va bientôt faire un moment déjà que je ne suis pas bien, j’ai le moral à plat et mon dernier article date de presque 2 mois.
J’ai bien conscience que je dois m’y remettre, autrement le démarrer il y a si peu serait stupide ou alors je me serais empêchée de le faire.

Depuis 3 semaines environ, mon amie de coeur, ma meilleure et même ma seule amie, celle qui connaît tout de moi depuis presque 14 ans (oh la la déjà), ne me parle plus. C’est d’un glacial… Mais le plus frustrant et déprimant c’est que j’habite chez elle depuis bientôt 2 ans.
Il est donc temps que je m’envole et retrouve mon indépendance, et qu’elle retrouve sa vie sans moi, la « super chiante ».

A l’origine de cet iceberg virtuel, il y a eu une engueulade entre sa mère et moi. J’étais en tort, je me suis excusée, mais le fait qu’elle ne me parle plus depuis tout ce temps et que la situation empire, je pense qu’elle a eu une version plus que disproportionnée, dans la mesure où la semaine de l’engueulade, on se parlait, peu car elle était hospitalisée plusieurs jours, moi j’aidais à la maison, et elle me répondait par Texto quand elle le pouvait.
Depuis, plus rien. On s’évite, je fais mon possible pour ne pas être dans son champ de vision parce que je ne suis pas masochiste au point de sentir être de trop à chaque fois que je la croise dans la maison, et j’ouvre le moins possible la bouche en sa présence, ma voix doit lui être insupportable.

L’on m’a dit que la situation n’est pas désespérée, mais je n’y crois plus.
Par le passé, lors de conflits, elle ne me parlait plus pendant des mois, le pire étant qu’une année, nous ne nous sommes pas parlé pendant 1 an et demi, mais à l’époque j’habitais à Paris et la distance était plus facilement supportable car je ne la voyais pas et ne ressentait pas autant les effets de l’ignorance à laquelle je suis confrontée actuellement. Et plus le temps passait, moins elle avait envie de rediscuter avec moi et d’avoir une discussion sérieuse.
Et puis j’avais d’autres amies à Paris, à l’époque.
Plus maintenant, je n’ai plus qu’elle.
Cela risque donc de prendre des mois…

Dans quelques semaines je ne serais plus là, et ça elle va l’apprécier. Grandement. Moi aussi, mais je n’ai plus l’habitude de vivre seule. Et j’aurai besoin de bruit, trop de calme risque de m’achever.

Mon prochain article, dont je ne peux encore donner de date de publication, reviendra sur le but de ce blog.

Le frangin

J’ai toujours eu une relation tendue avec mon frère. Jusqu’à récemment; nous n’avions pas la meilleure des ententes fraternelles, on ne se voit que très très rarement, et je ne pense pas que l’on se respecte, c’est triste mais des années de bataille verbale ont eu raison de nous.
De son côté, il m’a toujours pris pour une conne, et du mien, je l’ai toujours pris pour un connard. Donc même si cela va mieux, je ne suis pas sûre que ça est vraiment changé. Je ne le perçois plus comme un connard, c’est juste mon frère, point barre. Je n’arrive pas à définir autre chose que ça.

Petits, nous nous battions constamment, aussi verbalement que physiquement, prises de catch incluses. De grosses engueulades avec plein de gros mots comme on disait alors.
Mais comme mon paternel me l’a souvent dit, étant la plus grande et la plus grosse, un éléphant ne doit pas s’en prendre à une fourmi ». Autrement dit, même quand c’est mon petit frère de 4 ans mon cadet qui me cherchait (la plupart du temps), je n’avais pas le droit de répliquer. Il avait pourtant le don de me faire sortir de mes gonds, en bonne petite teigne.
Je crois que beaucoup de petits frères sont comme ça, avec leurs grandes soeurs… Des petits cons.

Naturellement, si nous avions eu une certaine bonne éducation, j’aurais été la grande soeur qui a un peu d’autorité sur le petit frère, qui le met au pas s’il fait des conneries et que les parents ne sont pas dans les parages; mais par-dessus tout, j’aurai voulu être la grande soeur pour qui on a du respect, celle vers qui se tourner quand on a un souci. Je n’ai pas été ce personnage de fiction, car comme me l’a si souvent rappelé ce fraternel, la famille et la vie en général ce n’est pas un conte de fées, ni ce que je vois dans les fictions à la télé. Et pourtant, ça aurait été bien.

Adolescents, nous nous battions toujours, surtout par la parole, et quand lui avait le droit d’avoir des copains à la maison, lesquels d’entre eux nous ont volé par deux fois « grâce » à la naïveté de mon frangin, moi j’avais le droit d’avoir des fausses amies. Alors oui j’en avais un peu, mais seulement à l’école, je n’avais pas la chance d’en inviter. Mon paternel avait trop peur que MES amies nous volent. Pour lui, je n’ai jamais eu l’intelligence de me choisir mes fréquentations, il aurait préféré que j’ai des amis riches bien sûr…

Dans ma vie de jeune adulte, je l’ai très peu fréquenté. Je ne peux même pas employer ce verbe tellement je l’ai peu vu dès lors que j’ai quitté le domicile familial. Et puis les rares fois où je l’avais au téléphone, on s’engueulait systématiquement et on s’insultait pour X raisons.

Une anecdote : un jour de 2005, il me confia, à moi la chômeuse, qu’il lui arrivait de claquer 1000 euros en un soir, entre hôtel et restaurant, et qu’il allait souvent au casino.
Alors déjà, c’est pas sympa de me sortir ça, mais en plus je ne suis pas sûre de la provenance de son argent, si cela venait de la caisse des parents ou de lui, mais il ne bossait pas; ou un peu pour mon père m’enfin bon.
J’eus mon père au téléphone le lendemain je crois, et je ne sais pas ce qui m’a prit, si mon père m’a fait rager en me disant des méchancetés ou qu’il m’ait dit que mon frère lui avait mentionné mes rares livraisons de traiteur japonais à 10 euros, mais je lui ai cafté le fait que mon frère jouait au casino.
Le lendemain, mon frère débarque chez moi, pour une conversation « civilisée », qui commence par « je m’en fous de ta vie » et « t’avais pas à cafter »… S’ensuivit un dialogue de sourd, avec encore insultes et qui a finit par mon frère qui se rapproche de mon espace vital, comme les racailles, avec son air mauvais et méchant, m’intimidant.

Que répondre à ça ? Quand on est humain ? Je crois l’avoir repoussé normalement mais lui m’a rendu ma gentillesse en me poussant plus violemment. Parce que c’est un gentil frère hein… Je n’aime pas cafter, c’est moche et pathétique. Mais si nous avions été une famille normale et bien élevée,… mon frère n’aurait pas eu envie d’avoir de l’argent facile en allant au casino, alors que moi je me suis faite engueulée par mon père car j’avais la fâcheuse tendance à utiliser les services d’alloresto !!! Je me faisais encore sermonner à 25 ans pour ça !

J’ai enregistré la conversation avec mon frère, celle-ci, et celle de la veille de ce jour où il m’a appelé pour me dire qu’il avait entendu ma conversation téléphonique avec mon père.
D’ailleurs, dans cette conversation il m’a traité de fille indigne et que c’est à cause de ça que ma mère préférait ma fausse soeur à moi. Je ne sais pas où il est allé chercher ça, ou alors il a retenu les nombreuses fois où je le disais car j’étais jalouse des sorties qu’elle faisait avec elle. Ah oui, et que je ne méritais même pas d’avoir une mère comme la nôtre. Hmm. En tout cas c’était très méchant et hors de propos. Je ne me suis jamais permise d’être aussi virulente et mauvaise, seuls les gros mots sortaient de ma bouche.

Une autre petite conversation avec lui également, enrichi de mots fleuris, à la même période et je crois un peu avant l’affaire du casino, je suis allée le voir pour une histoire de paperasses, qu’il ne voulait pas signer alors que tout était en bonne et dûe forme, il m’a traité de bouffonne et de gamine (toujours hors de propos) parce que j’avais rappelé la personne concernée par ces papiers alors que mon frère était indécis et qu’il croyait que j’avais le cerveau lavé. Hum hum. Ce à quoi j’ai répondu que c’est plutôt quand je lui parle à lui et à mon père, que j’avais cette impression constante.
En voulant lui rappeler une autre histoire où il m’avait insulté également, il a à nouveau grossi sa voix et gueulé parce qu’il ne veut pas discuter correctement et entendre mon point de vue.

Je m’explique : à l’époque où il jouait beaucoup aux jeux vidéo, il lui arrivait de faire des concours en salle où il gagnait des prix. Des composants informatiques bien entendu.
Comme monsieur mon frère n’avait pas de compte ebay et qu’il ne se soucierait pas de le faire lui-même, il me demanda de vendre ses prix à sa place.
Moi bonne poire, je lui dit être d’accord, seulement voilà, à l’époque j’étais sans le sou, et toujours à découvert. Si bien que lorsque j’ai réussi à vendre ses objets à des prix raisonnables, l’argent à peine arrivé sur mon compte renflouait ce dernier et comme je n’avais pas le droit de le retirer à cause du plafond de mon découvert, je ne pouvais le rembourser de suite.
Ce que je lui expliquais, maintes fois.
Il me traita alors de voleuse, et comme il ne savait pas discuter en m’écoutant lui clamer ma malchance, il continua de me pousser à bout si bien que je finis par lui sortir qu’il n’avait qu’à faire ses ventes lui-même !
Bien sûr, pour lui c’était une perche tendue pour qu’il rétorque que ça ne me donnait pas le droit de le voler.
Ce n’était certainement pas mon but, mais les gens comme ça qui n’écoutent pas et vous poussent à bout vous vont sortir les mots qu’ils ne veulent pas entendre. Et après ça tombe encore et toujours dans un dialogue de sourd.

Des années après, il laissa tomber, me disant que je n’avais pas à le rembourser, car c’est bon, je suis sa soeur, c’est pas grave. En gros il m’a fait « une fleur ».
Par contre il n’a pas hésiter à essayer de me vendre un écran qu’il avait gagné, à un prix que je ne pouvais payer, donc il finit par me le « donner » à contre-coeur. Mon père lui aurait payé un peu plus que ce qu’il en voulait. Oui parce que ça se faisait, dans notre famille. Je ne sais pas si dans les autres familles on se vole, vend des choses comme ça, surtout qu’il aurait pu m’en faire cadeau, mais non. Dans cette famille, seul l’argent compte. Donc mon père l’a acheté pour moi, me l’a dit pour me faire me sentir coupable et lui devoir quelque chose. Mon frère, lui, a eu ses 150 euros je crois. Pour un écran LCD, les premiers à l’époque.
Allez FTG, va chier…

Tout ça c’était y a 10 ans, durant ce laps de temps, nous nous sommes peu vus, ça s’est plus ou moins amélioré mais disons qu’on a zappé. Pas pour évoluer dans nos mentalités, mais parce qu’ensuite j’ai tellement décidé de ne plus revoir mon père ni mon frère ni ma fausse soeur, que les rares fois où ce fut le cas, on n’y pensait pas. Pas le temps. Les rares fois donc, j’y retournerai pour aider mon paternel dans son commerce, ou pour avoir des discussions particulièrement houleuses. Et après c’est devenu mon frère et moi contre mon père. Chacun sa version pour me manipuler, lequel disait la vérité, je n’en serais jamais sûre à 100%.

A l’heure actuelle, je pense que mon frangin m’a dit des vérités, mais comme je l’ai dit au début de ce post, j’ai trop de raisons pour laisser les méchancetés partir. Ça + mon entêtement à regarder sans le passé pour ne pas changer.
Et puis je me suis tellement bien fait manipulé par mon paternel, que je ne savais plus reconnaître qui disait la vérité entre eux deux.

Hasta la vista

Je, 3/3

J’en arrive aux passions inutiles, celles qui meublent les journées, des années durant.

Je suis une fan.
Petite, et jusqu’à mes 15 ans, c’était les dessins animés et les séries télé qui dirigeaient ma vie.
Jusqu’à mes 17 ans ce n’était plus que les séries TV, mais à cet âge, j’ai découvert les boybands et là, au secours, je suis devenue une groupie.

Lorsque j’étais en 3ème, enfin ma deuxième 3ème puisque j’avais redoublé cette classe, j’ai voulu me fondre un peu dans la masse des plus jeunes que moi en m’intéressant aux hobbies des filles avec qui je copinais le plus. Deux d’entre elles aimaient les Take That, j’ai vu un de leur concert sur M6, j’ai adoré, me les ai approprié, ils se sont séparés, et comme j’avais ce besoin d’aimer quelque chose et d’être normale, plutôt qu’être tout le temps à la maison à regarder bêtement les séries, j’ai reporté mon attention sur un autre groupe : les Boyzone. Pendant des années je n’ai vu qu’eux, et comme en parallèle, j’étais au lycée, en 2nde puis en 1ère quand ces derniers venaient souvent en France faire la promotion de leurs singles, et que j’allais les voir très souvent devant leur hôtel, à l’aéroport, aux émissions de télé à les attendre, j’ai fini par tellement m’absenter et sécher les cours que je fini par abandonner. Ma mère m’a laissé faire car elle voulait que je fasse ce que je veux. À l’époque j’étais contente mais maintenant, même si j’ai aimé « suivre les stars », car il y en a eu d’autres, je regrette de n’avoir pas pu continuer mes études. Pour l’heure je les suivais par correspondance, pendant 6 mois… Le seul truc qui m’aura fait décrocher plus vite, aura été ce manque d’enthousiasme à suivre des cours qui ne m’intéressaient pas. En effet, ma 2nde générale ayant été sympa mais académiquement ratée, j’ai préféré faire une 1ère STT dans un lycée près du premier pour pouvoir voir mes anciennes amies plus facilement. Ce que je n’ai jamais fait au final. Tout ça par manque de relations sociales… Pathétique je l’étais.

Jai fini, à la suite de mon décrochage, par travailler pour mon père, car me voyant à la maison, il a pensé que je ne faisais rien même si j’avais des devoirs par correspondance, donc autant bosser. Et en même temps, vu mon manque de sérieux et d’assiduité, si j’avais voulu, j’aurai bossé mes cours comme il faut.

Quand j’étais petite je voulais être illustratrice de livres d’enfants, en fait je voulais juste dessiner, et je pensais que c’était le seul job dans le dessin. Puis j’ai voulu faire de l’interprétariat vers la fin de l’adolescence, mais à part l’anglais, mon espagnol est mort quand ma prof de 2nde ne se montrait jamais pour cause de dépression.

Donc me voilà, de 17 à 20 ans, bossant pour mon père, dans ce monde d’adultes qui ne me plaisait guère, à travailler avec elle et ma mère. En fait, quand j’ai commencé à travailler, ma mère a commencé à ne plus, travailler du tout. Je le réalise juste quand je tape ces mots. Elle avait plus ou moins arrêté de bosser quand elle la remplaçait, mais avec moi, il ne restait plus de place pour elle. Cela lui a permis d’enfin vivre un peu, mais à quel prix. Et je tape ces mots quand aujourd’hui, le 20 mai, cela fait 12 ans qu’elle est morte.

Pour en finir avec mes passions, celle du dessin m’a conduite, par l’intermédiaire et l’aide de mon psychanalyste de l’époque, à reprendre mes études, passer mon DAEU, puis intégrer une préparatoire en Arts Plastiques option animation, et par la même, rencontrer ma meilleure amie qui l’est toujours.
Je n’ai malheureusement rien fait de cette passion, car un an plus tard, après avoir commencé une 2nde prépa du même genre mais orientée beaux-arts, ma mère est décédée, et j’ai perdu tout goût au dessin.
J’ai même perdu goût à la pâtisserie, une autre de mes passions que j’ai commencé dans l’enfance, chez ma marraine. J’aimais faire des gâteaux et prendre le temps de les faire, maintenant je fais tout, vite fait, mal fait, comme me l’a dit un des mes anciens profs de dessin. Ce « vite fait, mal fait » est également devenu un autre modus operandi. 2nd soupir

Hasta la vista.

P. S. : aujourd’hui les séries télé dirigent toujours ma vie 😝

Je, 2/3

L’adolescente que j’étais a eu quelques passions, non propices à mon épanouissement, mais des hobbies quand même qui me faisaient oublier le monde familial dans lequel je vivais.
Des passions amoureuses, et des passions télévisuelles. Commençons par les premières, elles ont duré moins longtemps. Soupir

Au collège, j’étais amoureuse, enfin j’avais le béguin comme on disait à l’époque, pour un plus grand que moi, de deux ans mon aîné, et pour qui j’avais échafaudé un plan de confession, lors duquel je me suis dégonflé alors que j’étais allée au RDV et que je l’ai espionné de loin. Oh oui, doublement lâche car je lui avais écris une lettre d’amour en me faisant passer pour une autre.

Puis, quand nos parents nous emmenaient en vacances, systématiquement j’avais le béguin pour un vacancier d’à peu près mon âge, en sachant pertinemment, malgré l’illusion du contexte, qu’il n’y aurait jamais rien de concret : outre le concept de vacances donc distance géographique après celles-ci, j’ai craqué pour des garçons d’1 ou 2 ans plus jeunes que moi. D’ailleurs, ça a ensuite été mon truc : comme si je voulais rattraper mon adolescence amoureuse en les « prenant » plus jeunes, car même si en vrai, les copines de classe ne me racontaient pas leurs amourettes de vacances, la TV me faisait croire qu’il fallait tomber amoureuse à chaque vacance. Quelles foutaises ! Je me croyais jolie en jouant les mystérieuses et pensait que cela m’arriverait, mais cela n’a jamais été le cas.

Lorsque j’avais 15 ans, ma fausse soeur me présenta un garçon de 19 ans, qui travaillait dans un magasin de jeux vidéo près de chez nous. Elle y faisait un stage. Je n’ai jamais su si elle avait le béguin pour lui, mais toujours est-il qu’un jour, il lui fit appeler à la maison, pour m’avoir au téléphone et m’inviter à sortir. En bonne fille baignée dans le romantisme des relations fictives de la télé, et n’ayant aucun modèle autour de moi que le modèle merdique parental, qui lui non plus, ne m’avait jamais rien expliqué, et étant plus orientée Club Dorothée avant qu’Hélène et les garçons ne nous apprennent qu’on peut coucher avec tout son cercle d’amis sans conséquence ni valeur morale, je lui répondu un « non non non » en rigolant car en plus, je n’y croyais pas. Cela m’a valu un « gamine ». Ce simple mot m’a hanté et traumatisé pendant des années, car mon frère en abusait tout le temps pour me faire du mal psychologiquement. Je rappelle par contre que le lâche qui a passé l’appel a fait sa demande par l’intermédiaire de ma fausse soeur. Laquelle avait l’air déçue ou dégoûtée de l’attention qui m’était portée. Enfin, la réponse aurait été la même si lui me l’avait demandé, mais quel couard tout de même.

Cet épisode ne s’est pas arrêté là. Quelques temps après, il clamait dans la rue qu’il m’aimait, il en parlait à ses collègues, il voulait se marier avec moi etc… Je continuais d’en rire.
Puis, vint l’été. Mon frère et moi partîmes en Taïwan, chez une cousine, et la distance aidant ma propre couardise, j’écrivais une lettre enflammée avec mes mots de midinette à ce garçon. Ce à quoi il répondit oralement, en obtenant le numéro de téléphone de notre habitation sur l’île, m’appela, nous parlâmes une demi heure au moins, la communication fut coupée, je le rappelais d’une cabine, et j’ai supposé que sa mère, qui rentrait à ce moment, lui demanda des explications, qu’elle eût par moi la gaffeuse, et qu’elle lui fit un sermon pour la facture France Télécom qu’ils allaient recevoir. Plus jamais je n’entends parler de lui après ça. Un de mes regrets.

À mes 19 ans je connu un garçon de 2 ans mon cadet, via internet et ses premières chatroom, un petit anglais, pour lequel je traversa la Manche, j’y restais 2 semaines, cru être amoureuse et perdu ma fleur pour « être normale ».
Je le revis 6 mois après, lorsqu’il vint à Paris pour 2 semaines, nous faisions ce que nous pouvions mais je devais interrompre mes moments avec lui pour travailler pour mon père. Mon pauvre petit anglais devait se sentir bien seul. Il ne mérita pas ça.
Quand il repartit, je pris sur moi de rompre après quelques semaines, « loin des yeux loin du coeur » que je lui expliquais, mais il y avait une autre raison : je ne l’aimais pas ou plus, normal, je ne savais pas aimer, et c’est là mon malheur.
Bien sûr je lui brisa le coeur, et nous restions en contact encore 2-3 ans. Il croyait que la faute venait de lui parce que je préférais les boybands de l’époque (Je, 3/3) et qu’il ne se trouvait pas assez bien. Il fit des efforts, je crois qu’il s’habillait mieux et qu’il avait changé de nez ou modifié ses dents, il était même allé en Chine pour être plus proche de moi. Je lui brisa encore le coeur quand il comprit que c’était fini pour toujours. Moi, j’avais juste honte de l’avoir traité ainsi alors je ne donnais plus de nouvelles, même en amie.
Et puis avec mon mental d’adolescente midinette éternelle, et ma situation familiale compliquée, je me mettais les barrières pour ne pas avancer dans cette relation. Je refusais tout changement émotionnel.

Aujourd’hui, après des années d’introspection, j’ai réalisé que c’est moi qui me mettais des barrières, qui m’auto-sabordait. Alors certes, cela vient en partie de mon enfance, mais il n’y a que moi pour me sortir de mon blocage relationnel. C’est dur, surtout quand c’est ma carapace qui l’est. Non seulement je me suis construite un mur avec vue sur le monde des adultes à la Peter Pan parce qu’il me fait peur, que le changement quel qu’il soit fait peur parce qu’il bouscule toutes mes idées préconçues, mais qu’en plus j’ai un mur de graisse qui influe sur mon mode de pensée vis-à-vis du regard des autres. Comment le casse-t-on ce putain de mur ?!
Et ça, c’est mon modus operandi

Hasta la Vista.

Je, 1/3

J’ai donc 35 ans, suis mal dans ma peau et dans ma tête, je manque d’amour et ne sais pas en donner, ai eu peu de relations amoureuses et peu d’ami(e)s tout au long de ma vie, suis méfiante envers les autres, n’aime pas les hommes et en ai plutôt peur, et je pense que je finirais ma vie en clocharde.

Il fut un temps où je pensais que deviendrais bonne soeur, non par foi, mais par dépit de l’amour charnel: ce qui est insulter la Chrétienté par ailleurs. Je suis athée pourtant.

Pourquoi clocharde ? Parce que je ne sais rien faire, je n’ai aucune ambition et n’ai jamais été jusqu’au bout de quoique ce soit, et que ma non-éducation a fait de moi une flemmarde doublée d’une incurable fénéante, autant boulimique de nourriture que de l’attention des autres, et que je n’ai rien vécu d’épanouissant ni vécu/ressenti assez de malheurs personnels pour avoir envie de me battre pour plus; les bras ballants depuis des années, attendant bêtement que le temps passe et fasse son oeuvre : le déclic d’un but dans la vie qui n’arrive qu’aux chanceux de naissance, ou me faire faire des transfusions de volonté et peut-être aussi me greffer des couilles. Au sens figuré, bien entendu.

Je ne suis pas suicidaire mais si je devais résumer mon mental, c’est comme si je me fanais de l’intérieur, à petit feu. Comme si ma vie finalement était inutile et comptait peu dans la balance, ce qui, de toutes façons, est empiriquement le cas, mais pour le peu de gens qui me sont vraiment proches, j’espère compter un peu quand même et n’être pas totalement inutile.

Maintenant, pour comprendre le pourquoi du comment, remontons le temps…

Née en 1980 donc, et étant arrivée sur Paris 5 ans plus tard, j’ai grandi assez proche de ma mère qui donc n’avait physiquement plus qu’un enfant pendant quelques années, rappelons-le, mon frère était élevé par notre grand-mère « main basse sur le berceau » chinoise.
Le flou étant ce qu’il est pour les premières années d’existence, ma scolarité en primaire était bof, mais supportable, à part pour les garçons qui me cherchaient des poux. « Qui aime bien châtie bien » dit le proverbe, mais la plupart des enfants qui me faisaient du mal verbalement, venaient des garçons. Ils passèrent leur temps à m’insulter, et se moquer de moi, pour 3 raisons : la première est que je porte un nom de famille qui s’apparente à un légume, la seconde est que je sois bridée, et la troisième, j’étais un peu rondouillette. Le pire étant que j’étais de corpulence normale pour un enfant, avec 2 kilos en trop peut-être, je ne suis devenue véritablement grosse qu’en 5ème, vers mes 13 ans. Mais chez les enfants, que la société qualifie toujours « d’innocents », ne le sont pas tant que ça.

L’apprentissage de la notion du bien et du mal incombe aux parents, mais les enfants savent quand ils font du mal; ils ne veulent juste pas s’arrêter, surtout lorsqu’ils sont en meute. Nous sommes des mammifères et par conséquent des animaux, nous nous comportons comme tel, nous avons juste la parole en plus et une intelligence différente des 4 pattes.

Je reviens à mes moutons.

Donc, non seulement je me faisais emmerder très souvent, mais comme en plus ce n’était que par des garçons et qu’à cet âge-là, je ne connaissais pas le proverbe sus-mentionné, j’ai associé la méchanceté gratuite au genre masculin. Depuis, c’est resté.
Au collège c’était pareil, sauf qu’en plus des garçons, des filles m’ont fait la misère aussi, souvent aussi elles s’y mettaient à plusieurs, oui parce qu’il en faut du courage pour agresser verbalement une fille sage comme moi, tellement timide et réservée parce que l’on m’avait bien fait chier et que mes parents ne m’avaient pas fourni le mode d’emploi pour me défendre des médisances et cruels jeux enfantins.

Je me souviens d’une fois où j’étais au centre aéré, et un camarade de classe du collège m’a donné un coup de pied dans le ventre je ne sais même pas pourquoi, et il y a cette fois où il s’est mis à se moquer de mes vêtements avec son copain, en pointant du doigt mon pantalon un peu trop coloré.
Je vous dis, les enfants cruels deviennent des adolescents cruels et finissent adultes cruels. C’est comme ça et ça ne change que rarement après introspection. Alors vous me direz, 70 à 80% des enfants dans le monde subissent ça, mais ceci est mon point de vue et surtout, c’est mon mental qu’ils ont saccagé, et je trouve cela injuste. Ça ne changera pas, mais ça fait mal.

Donc pendant toute ma scolarité primaire et le collège, je me suis réfugiée dans les dessins animés et les séries TV, car c’était le seul endroit gentil avec moi.
Bien sûr, ce n’est pas la télévision qui nous forme, en tous cas pas devant elle, mais pendant que mes parents travaillaient du matin au soir et n’avaient pas le temps de vraiment nous éduquer ni de nous sortir pour nous cultiver, la télévision était la seule occupation hors de l’école, car en plus nous n’avions pas d’amis et nous n’avions pas le droit d’en inviter, « au cas où ils essaieraient de nous voler »; et puis même si nous avions eu le droit, nous n’avions pas la place pour les accueillir dans cet espace exigu qu’était l’appartement sans salon, et nous n’allions certainement pas recevoir de gens dans le commerce.
J’ai bien fêté mon anniversaire une fois dans le commerce, un jour où c’était fermé, avec des amis d’école primaire. Mon frère a eu droit d’amener ses copains des années plus tard, dans l’appartement pour jouer à ses consoles, d’une parce que c’était les enfants des commerçants du coin, et de deux parce que c’était lui.
Le fils.
En y repensant, j’avais tellement peu d’ami(e)s que je ne risquais pas d’inviter grand monde. Ma théorie, enfin celle de ma meilleure amie actuelle, est que les commerçants ont toujours été mal vus de la part des gens qui ont d’autres emplois. Peut-être que les enfants n’avaient pas le droit de me fréquenter, et puis dans un quartier de français d’origine, un chinois, qui en plus parlait mal la langue de son pays d’accueil, faisait tâche… Et puis nous n’étions pas bien élevés, j’étais sage et en retrait, mais trop farouche justement et je répondais mal il me semble, comme une enfant gâtée par la facilité.

Hasta la vista.

La soeur

Vers mes 10 ans, j’avais une amie à l’école, je vais l’appeler elle, qui venait régulièrement manger à la maison le midi, elle était externe alors que moi j’étais demi-pensionnaire, je n’ai jamais compris pourquoi elle mangeait chez nous le midi. Elle habitait pas loin et était la fille d’un commerçant qui travaillait pas loin non plus. Bref, dans notre quartier, beaucoup d’enfants de commerçants se connaissaient, mais on n’était pas tous amis.

Un jour, je ne me souviens plus bien quel âge j’avais, elle est venue habiter chez nous car sa situation de famille était assez compliquée : une mère alcoolique qui s’est lâchement enfuie avec un autre et un père un peu soumis qui n’avait pas moyen de la faire vivre correctement; l’appartement où ils habitaient n’étaient plus le leurs, il fallait qu’ils en partent. Le temps que son père se trouve un logement digne, elle allait habiter chez nous. Au final, elle est restée, ça s’est réglé au tribunal contre une partie de sa famille qui racontait des trucs horribles comme quoi elle mourrait de faim chez nous, et qui soi-disant voulait la récupérer mais seuls nous, nous en occupions. Peut-être que si elle était partie chez sa tante (je crois), elle aurait eu une vie moins triste que chez nous, mais j’y reviendrai.

Donc la voilà; au même âge que moi, installée définitivement chez nous, sous tutelle, mes parents ne l’ont pas adopté mais nous étions au début comme une famille d’accueil puis c’est devenu permanent, mais c’était tellement flou pour moi à l’époque que je ne sais pas quelle était la définition exacte de son existence au sein de notre famille; moi je l’appelais ma soeur, car c’est ce qu’elle était pour moi, et ça reflétait ma norme. Nous allions donc à l’école en même temps, avions nos ami(e)s différent(e) et suivions les mêmes cours, dans des classes différentes. J’étais contente d’avoir une soeur, surtout que je me bagarrais sans cesse avec mon frère.

Elle faisait beaucoup dans la maison, même après quelques années, elle en faisait toujours trop : le ménage et les corvées de base à la place de ma mère. Je crois que le zèle est venu avec l’emménagement afin de faire plaisir à une famille qui l’avait accueilli, qui lui avait offert un toit. Le problème, c’est que mon frère et moi, des enfants gâtés (enfin pas vraiment mais j’en parlerai dans un autre post), n’avions pas besoin de béquille, mais d’une soeur. Quoique c’est discutable aussi. Les années qui suivirent me donnèrent raison : les 2 enfants de la fratrie ne savaient pas faire le ménage, nous ne nous débrouillions pour pratiquement rien, et notre seul souci était d’allumer la télé et nous disputer pour le programme à regarder. Elle voulait bien faire, mais à trop en faire, on crée des monstres incompétents. Elle allait même nous acheter à manger lorsque nous étions adolescents, comme ça, nous ne nous déplacions pas, seulement elle. Elle disait toujours que ça ne la gênait pas, mais nous n’avions certainement pas besoin d’esclave.

Et ça, ce genre de fonctionnement, je l’ai recopié sans m’en rendre compte, mais maintenant dans la trentaine, j’ai réalisé il y à peu que j’ai adopté cette attitude; alors pour un travail d’assistante c’est parfait, mais pour chez soi, il arrive de faire chier nos proches, et au final on se perd aussi soi-même car on ne fait plus rien pour soi mais pour les autres. On scrute même les conversations des autres sans le vouloir, on guette le moindre indice d’un besoin. Et cela, j’en ai ras-le-bol mais je n’arrive pas à m’en défaire; merci elle. Passons.

N’empêche que j’ai fini par mettre cette « fausse » soeur, que je considérais comme une vraie, sur un genre de piédestal, je l’admirais, je ne sais pas pourquoi vraiment, mais pour moi elle représentait le mieux, celle qui savait faire plein de choses, qui se débrouillait, qui flirtait aussi. Elle a commencé à sortir avec des garçons vers ses 16-17 ans je crois, avec un client du commerce devenu ami, de 10 ans son aîné. Elle est restée 2-3 ans avec lui, et ils sortaient le soir après le boulot, dans les bars… avec ma mère pour chaperon. Oui car, elle, pas de bol pour elle, n’était pas très bonne au collège, elle avait dû aller en technique dans une autre école que la mienne, elle s’y est même fait une amie qui l’est restée plusieurs années, mais après ses 16 ans, elle a arrêté ses études, en accord total avec mon paternel qui préférait qu’elle travaille pour lui, après tout, c’était pas sa vraie fille, il se fichait qu’elle réussisse ses études, mais plutôt qu’elle travaille pour un « père » qui lui offrait le gîte et le couvert.

Donc voilà, elle commença à travailler dans le commerce de mes parents, tout le monde l’appréciait, et elle aimait jouer de ses charmes avec les hommes du coin, donc plus âgés qu’elle. J’ai oublié un point : elle est petite, blonde et mince, ce n’est pas un canon mais c’est tout de même mon opposé. Pendant qu’elle papillonnait donc, moi je grandissais comme une petite fille, et n’étais pas au courant du monde d’adultes dans lequel elle avait fini par atterrir bien trop tôt.

Elle est sortie avec des garçons/hommes dès ses 16-17 ans donc, elle n’est quasiment jamais restée célibataire, alors que je le suis restée pour ainsi dire, toute ma vie. Je ne sais pourquoi elle m’a toujours caché le fait qu’elle avait un copain, alors que tout le monde le savait et son copain du moment me parlait parfois de leurs sorties, mais moi je n’étais pas sensée savoir. Vers le début de mes 18 ans, vu que j’avais commencé à travailler pour mes parents moi aussi, j’étais tout le temps là donc je voyais ce qu’il se passait quand un de ses copains venait pour être auprès d’elle, c’était évident mais ça me restait tabou.

Lors de nos 19 ans je crois, comme je n’allais pas bien depuis déjà 2-3 ans, et après plusieurs très courtes discussions avec elle, je lui ai demandé qu’on en ait une vraie. Nous sommes allées dans une brasserie où l’on aimait bien mangé de temps en temps, et nous y sommes restées 4 heures si je me souviens bien. Nous avons longuement discuté, mais en y pensant, c’est surtout moi qui ai discuté; « pourquoi tu me caches tes copains à chaque fois alors que je le sais ?! », je crois que c’était la seule grande question qui représentait tout le fond du problème : elle ne parlait pas ou peu, je veux dire, qu’elle n’exprimait jamais vraiment ce qu’elle pensait, et ça me faisait mal, j’étais frustrée, c’était son droit, mais pendant des années elle restait imperturbable dans sa façon de ne rien dévoiler. Je n’ai jamais compris quand elle me répondait « j’ai rien à dire » ou « je ne pense rien », c’est une personne qui n’a pas d’expression sur son visage, et c’est très frustrant; car je la considérais comme ma grande soeur encore à l’époque, et je rêvais, à cause des familles fictives de la TV, que notre famille pouvait elle aussi communiquer. Mais oui, je rêvais… En tous cas, je ne me souviens plus de ses vagues réponses, par contre elle m’écrivait des petits mots assez naïfs d’amour fraternel après ces discussions; cependant j’ai fini par me méfier et ne plus lui faire confiance.

Je pense que ça a empiré quand elle est devenue la confidente de ma mère, et qu’elles sortaient ensemble le soir avec leurs copains respectifs, pendant que la jeune femme que je devenais bien que gamine à l’intérieur, finissait de grandir. En plus, elle a su avant moi pour le cancer de ma mère, et ça, je ne l’ai jamais digéré, même si c’est cette dernière qui l’a voulu. Quelque part elle m’a volé ma mère, je la lui ai « prêté » étant enfant, inconsciemment car je trouvais ça normal étant donné qu’on allait vivre ensemble, mais elle en a abusé, elle en manquait et ce n’était pas de sa faute si sa mère s’était envolée, mais elle en a abusé quand même. Je réalise cependant qu’à l’adolescence, comme j’étais en plein âge bête et que je voulais simplement regarder la télé tout le temps et courir les stars, je ne m’occupais pas de ma mère et peut-être qu’elle a reporté son temps de mère-fille sur elle. Je ne crois pas tellement à ce que j’avance car j’ai eu mon temps avec elle, pas assez certes, mais nous avions nos moments quand même.

Hasta la vista.

Note pour elle : pour des raisons évidentes je ne mets pas son vrai prénom mais je n’arrive pas à décider lequel pour remplacer le sien, sur ce blog.