Je, 2/3

L’adolescente que j’étais a eu quelques passions, non propices à mon épanouissement, mais des hobbies quand même qui me faisaient oublier le monde familial dans lequel je vivais.
Des passions amoureuses, et des passions télévisuelles. Commençons par les premières, elles ont duré moins longtemps. Soupir

Au collège, j’étais amoureuse, enfin j’avais le béguin comme on disait à l’époque, pour un plus grand que moi, de deux ans mon aîné, et pour qui j’avais échafaudé un plan de confession, lors duquel je me suis dégonflé alors que j’étais allée au RDV et que je l’ai espionné de loin. Oh oui, doublement lâche car je lui avais écris une lettre d’amour en me faisant passer pour une autre.

Puis, quand nos parents nous emmenaient en vacances, systématiquement j’avais le béguin pour un vacancier d’à peu près mon âge, en sachant pertinemment, malgré l’illusion du contexte, qu’il n’y aurait jamais rien de concret : outre le concept de vacances donc distance géographique après celles-ci, j’ai craqué pour des garçons d’1 ou 2 ans plus jeunes que moi. D’ailleurs, ça a ensuite été mon truc : comme si je voulais rattraper mon adolescence amoureuse en les « prenant » plus jeunes, car même si en vrai, les copines de classe ne me racontaient pas leurs amourettes de vacances, la TV me faisait croire qu’il fallait tomber amoureuse à chaque vacance. Quelles foutaises ! Je me croyais jolie en jouant les mystérieuses et pensait que cela m’arriverait, mais cela n’a jamais été le cas.

Lorsque j’avais 15 ans, ma fausse soeur me présenta un garçon de 19 ans, qui travaillait dans un magasin de jeux vidéo près de chez nous. Elle y faisait un stage. Je n’ai jamais su si elle avait le béguin pour lui, mais toujours est-il qu’un jour, il lui fit appeler à la maison, pour m’avoir au téléphone et m’inviter à sortir. En bonne fille baignée dans le romantisme des relations fictives de la télé, et n’ayant aucun modèle autour de moi que le modèle merdique parental, qui lui non plus, ne m’avait jamais rien expliqué, et étant plus orientée Club Dorothée avant qu’Hélène et les garçons ne nous apprennent qu’on peut coucher avec tout son cercle d’amis sans conséquence ni valeur morale, je lui répondu un « non non non » en rigolant car en plus, je n’y croyais pas. Cela m’a valu un « gamine ». Ce simple mot m’a hanté et traumatisé pendant des années, car mon frère en abusait tout le temps pour me faire du mal psychologiquement. Je rappelle par contre que le lâche qui a passé l’appel a fait sa demande par l’intermédiaire de ma fausse soeur. Laquelle avait l’air déçue ou dégoûtée de l’attention qui m’était portée. Enfin, la réponse aurait été la même si lui me l’avait demandé, mais quel couard tout de même.

Cet épisode ne s’est pas arrêté là. Quelques temps après, il clamait dans la rue qu’il m’aimait, il en parlait à ses collègues, il voulait se marier avec moi etc… Je continuais d’en rire.
Puis, vint l’été. Mon frère et moi partîmes en Taïwan, chez une cousine, et la distance aidant ma propre couardise, j’écrivais une lettre enflammée avec mes mots de midinette à ce garçon. Ce à quoi il répondit oralement, en obtenant le numéro de téléphone de notre habitation sur l’île, m’appela, nous parlâmes une demi heure au moins, la communication fut coupée, je le rappelais d’une cabine, et j’ai supposé que sa mère, qui rentrait à ce moment, lui demanda des explications, qu’elle eût par moi la gaffeuse, et qu’elle lui fit un sermon pour la facture France Télécom qu’ils allaient recevoir. Plus jamais je n’entends parler de lui après ça. Un de mes regrets.

À mes 19 ans je connu un garçon de 2 ans mon cadet, via internet et ses premières chatroom, un petit anglais, pour lequel je traversa la Manche, j’y restais 2 semaines, cru être amoureuse et perdu ma fleur pour « être normale ».
Je le revis 6 mois après, lorsqu’il vint à Paris pour 2 semaines, nous faisions ce que nous pouvions mais je devais interrompre mes moments avec lui pour travailler pour mon père. Mon pauvre petit anglais devait se sentir bien seul. Il ne mérita pas ça.
Quand il repartit, je pris sur moi de rompre après quelques semaines, « loin des yeux loin du coeur » que je lui expliquais, mais il y avait une autre raison : je ne l’aimais pas ou plus, normal, je ne savais pas aimer, et c’est là mon malheur.
Bien sûr je lui brisa le coeur, et nous restions en contact encore 2-3 ans. Il croyait que la faute venait de lui parce que je préférais les boybands de l’époque (Je, 3/3) et qu’il ne se trouvait pas assez bien. Il fit des efforts, je crois qu’il s’habillait mieux et qu’il avait changé de nez ou modifié ses dents, il était même allé en Chine pour être plus proche de moi. Je lui brisa encore le coeur quand il comprit que c’était fini pour toujours. Moi, j’avais juste honte de l’avoir traité ainsi alors je ne donnais plus de nouvelles, même en amie.
Et puis avec mon mental d’adolescente midinette éternelle, et ma situation familiale compliquée, je me mettais les barrières pour ne pas avancer dans cette relation. Je refusais tout changement émotionnel.

Aujourd’hui, après des années d’introspection, j’ai réalisé que c’est moi qui me mettais des barrières, qui m’auto-sabordait. Alors certes, cela vient en partie de mon enfance, mais il n’y a que moi pour me sortir de mon blocage relationnel. C’est dur, surtout quand c’est ma carapace qui l’est. Non seulement je me suis construite un mur avec vue sur le monde des adultes à la Peter Pan parce qu’il me fait peur, que le changement quel qu’il soit fait peur parce qu’il bouscule toutes mes idées préconçues, mais qu’en plus j’ai un mur de graisse qui influe sur mon mode de pensée vis-à-vis du regard des autres. Comment le casse-t-on ce putain de mur ?!
Et ça, c’est mon modus operandi

Hasta la Vista.

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