Le frangin

J’ai toujours eu une relation tendue avec mon frère. Jusqu’à récemment; nous n’avions pas la meilleure des ententes fraternelles, on ne se voit que très très rarement, et je ne pense pas que l’on se respecte, c’est triste mais des années de bataille verbale ont eu raison de nous.
De son côté, il m’a toujours pris pour une conne, et du mien, je l’ai toujours pris pour un connard. Donc même si cela va mieux, je ne suis pas sûre que ça est vraiment changé. Je ne le perçois plus comme un connard, c’est juste mon frère, point barre. Je n’arrive pas à définir autre chose que ça.

Petits, nous nous battions constamment, aussi verbalement que physiquement, prises de catch incluses. De grosses engueulades avec plein de gros mots comme on disait alors.
Mais comme mon paternel me l’a souvent dit, étant la plus grande et la plus grosse, un éléphant ne doit pas s’en prendre à une fourmi ». Autrement dit, même quand c’est mon petit frère de 4 ans mon cadet qui me cherchait (la plupart du temps), je n’avais pas le droit de répliquer. Il avait pourtant le don de me faire sortir de mes gonds, en bonne petite teigne.
Je crois que beaucoup de petits frères sont comme ça, avec leurs grandes soeurs… Des petits cons.

Naturellement, si nous avions eu une certaine bonne éducation, j’aurais été la grande soeur qui a un peu d’autorité sur le petit frère, qui le met au pas s’il fait des conneries et que les parents ne sont pas dans les parages; mais par-dessus tout, j’aurai voulu être la grande soeur pour qui on a du respect, celle vers qui se tourner quand on a un souci. Je n’ai pas été ce personnage de fiction, car comme me l’a si souvent rappelé ce fraternel, la famille et la vie en général ce n’est pas un conte de fées, ni ce que je vois dans les fictions à la télé. Et pourtant, ça aurait été bien.

Adolescents, nous nous battions toujours, surtout par la parole, et quand lui avait le droit d’avoir des copains à la maison, lesquels d’entre eux nous ont volé par deux fois « grâce » à la naïveté de mon frangin, moi j’avais le droit d’avoir des fausses amies. Alors oui j’en avais un peu, mais seulement à l’école, je n’avais pas la chance d’en inviter. Mon paternel avait trop peur que MES amies nous volent. Pour lui, je n’ai jamais eu l’intelligence de me choisir mes fréquentations, il aurait préféré que j’ai des amis riches bien sûr…

Dans ma vie de jeune adulte, je l’ai très peu fréquenté. Je ne peux même pas employer ce verbe tellement je l’ai peu vu dès lors que j’ai quitté le domicile familial. Et puis les rares fois où je l’avais au téléphone, on s’engueulait systématiquement et on s’insultait pour X raisons.

Une anecdote : un jour de 2005, il me confia, à moi la chômeuse, qu’il lui arrivait de claquer 1000 euros en un soir, entre hôtel et restaurant, et qu’il allait souvent au casino.
Alors déjà, c’est pas sympa de me sortir ça, mais en plus je ne suis pas sûre de la provenance de son argent, si cela venait de la caisse des parents ou de lui, mais il ne bossait pas; ou un peu pour mon père m’enfin bon.
J’eus mon père au téléphone le lendemain je crois, et je ne sais pas ce qui m’a prit, si mon père m’a fait rager en me disant des méchancetés ou qu’il m’ait dit que mon frère lui avait mentionné mes rares livraisons de traiteur japonais à 10 euros, mais je lui ai cafté le fait que mon frère jouait au casino.
Le lendemain, mon frère débarque chez moi, pour une conversation « civilisée », qui commence par « je m’en fous de ta vie » et « t’avais pas à cafter »… S’ensuivit un dialogue de sourd, avec encore insultes et qui a finit par mon frère qui se rapproche de mon espace vital, comme les racailles, avec son air mauvais et méchant, m’intimidant.

Que répondre à ça ? Quand on est humain ? Je crois l’avoir repoussé normalement mais lui m’a rendu ma gentillesse en me poussant plus violemment. Parce que c’est un gentil frère hein… Je n’aime pas cafter, c’est moche et pathétique. Mais si nous avions été une famille normale et bien élevée,… mon frère n’aurait pas eu envie d’avoir de l’argent facile en allant au casino, alors que moi je me suis faite engueulée par mon père car j’avais la fâcheuse tendance à utiliser les services d’alloresto !!! Je me faisais encore sermonner à 25 ans pour ça !

J’ai enregistré la conversation avec mon frère, celle-ci, et celle de la veille de ce jour où il m’a appelé pour me dire qu’il avait entendu ma conversation téléphonique avec mon père.
D’ailleurs, dans cette conversation il m’a traité de fille indigne et que c’est à cause de ça que ma mère préférait ma fausse soeur à moi. Je ne sais pas où il est allé chercher ça, ou alors il a retenu les nombreuses fois où je le disais car j’étais jalouse des sorties qu’elle faisait avec elle. Ah oui, et que je ne méritais même pas d’avoir une mère comme la nôtre. Hmm. En tout cas c’était très méchant et hors de propos. Je ne me suis jamais permise d’être aussi virulente et mauvaise, seuls les gros mots sortaient de ma bouche.

Une autre petite conversation avec lui également, enrichi de mots fleuris, à la même période et je crois un peu avant l’affaire du casino, je suis allée le voir pour une histoire de paperasses, qu’il ne voulait pas signer alors que tout était en bonne et dûe forme, il m’a traité de bouffonne et de gamine (toujours hors de propos) parce que j’avais rappelé la personne concernée par ces papiers alors que mon frère était indécis et qu’il croyait que j’avais le cerveau lavé. Hum hum. Ce à quoi j’ai répondu que c’est plutôt quand je lui parle à lui et à mon père, que j’avais cette impression constante.
En voulant lui rappeler une autre histoire où il m’avait insulté également, il a à nouveau grossi sa voix et gueulé parce qu’il ne veut pas discuter correctement et entendre mon point de vue.

Je m’explique : à l’époque où il jouait beaucoup aux jeux vidéo, il lui arrivait de faire des concours en salle où il gagnait des prix. Des composants informatiques bien entendu.
Comme monsieur mon frère n’avait pas de compte ebay et qu’il ne se soucierait pas de le faire lui-même, il me demanda de vendre ses prix à sa place.
Moi bonne poire, je lui dit être d’accord, seulement voilà, à l’époque j’étais sans le sou, et toujours à découvert. Si bien que lorsque j’ai réussi à vendre ses objets à des prix raisonnables, l’argent à peine arrivé sur mon compte renflouait ce dernier et comme je n’avais pas le droit de le retirer à cause du plafond de mon découvert, je ne pouvais le rembourser de suite.
Ce que je lui expliquais, maintes fois.
Il me traita alors de voleuse, et comme il ne savait pas discuter en m’écoutant lui clamer ma malchance, il continua de me pousser à bout si bien que je finis par lui sortir qu’il n’avait qu’à faire ses ventes lui-même !
Bien sûr, pour lui c’était une perche tendue pour qu’il rétorque que ça ne me donnait pas le droit de le voler.
Ce n’était certainement pas mon but, mais les gens comme ça qui n’écoutent pas et vous poussent à bout vous vont sortir les mots qu’ils ne veulent pas entendre. Et après ça tombe encore et toujours dans un dialogue de sourd.

Des années après, il laissa tomber, me disant que je n’avais pas à le rembourser, car c’est bon, je suis sa soeur, c’est pas grave. En gros il m’a fait « une fleur ».
Par contre il n’a pas hésiter à essayer de me vendre un écran qu’il avait gagné, à un prix que je ne pouvais payer, donc il finit par me le « donner » à contre-coeur. Mon père lui aurait payé un peu plus que ce qu’il en voulait. Oui parce que ça se faisait, dans notre famille. Je ne sais pas si dans les autres familles on se vole, vend des choses comme ça, surtout qu’il aurait pu m’en faire cadeau, mais non. Dans cette famille, seul l’argent compte. Donc mon père l’a acheté pour moi, me l’a dit pour me faire me sentir coupable et lui devoir quelque chose. Mon frère, lui, a eu ses 150 euros je crois. Pour un écran LCD, les premiers à l’époque.
Allez FTG, va chier…

Tout ça c’était y a 10 ans, durant ce laps de temps, nous nous sommes peu vus, ça s’est plus ou moins amélioré mais disons qu’on a zappé. Pas pour évoluer dans nos mentalités, mais parce qu’ensuite j’ai tellement décidé de ne plus revoir mon père ni mon frère ni ma fausse soeur, que les rares fois où ce fut le cas, on n’y pensait pas. Pas le temps. Les rares fois donc, j’y retournerai pour aider mon paternel dans son commerce, ou pour avoir des discussions particulièrement houleuses. Et après c’est devenu mon frère et moi contre mon père. Chacun sa version pour me manipuler, lequel disait la vérité, je n’en serais jamais sûre à 100%.

A l’heure actuelle, je pense que mon frangin m’a dit des vérités, mais comme je l’ai dit au début de ce post, j’ai trop de raisons pour laisser les méchancetés partir. Ça + mon entêtement à regarder sans le passé pour ne pas changer.
Et puis je me suis tellement bien fait manipulé par mon paternel, que je ne savais plus reconnaître qui disait la vérité entre eux deux.

Hasta la vista

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